Albert Lasserre

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Albert Lasserre voit le jour à Maslacq (Pyrénées- Atlantiques) le 19 avril 1926. La guerre a pris fin depuis huit ans mais son ombre plane sur les esprits et dans les chairs. Dès son plus jeune âge, il apprend le lourd tribut qu’a payé sa famille dans ce conflit, à l’instar de millions d’autres foyers : un père, David, grièvement blessé lors de la bataille de la Marne en janvier 1915 ; trois ans plus tard, en septembre 1918, son frère Louis, mort au combat, tué par l’ennemi au Chemin des Dames ; sa tante Henriette Lasserre, disparue à Ravensbrück en janvier 1945.
Dès l’occupation, la pénurie s’installe. Dès 1940, apparaissent les cartes individuelles d’alimentation. Bientôt tous les produits sont rationnés : chacun n’a droit qu’à une quantité restreinte de nourriture. Pour faire face à la pénurie alimentaire, des succédanés, ou produits de remplacement, apparaissent ; le pain est indigeste, la saccharine remplace le sucre, un substitut infect sert de café. Les rations sont insuffisantes, il faut se priver et recourir au système D, à la débrouille. Navets, rutabagas et topinambours sont au menu alors que les pommes de terre réservées à l’occupant, dégageant une odeur de pourriture, sont stockées aux arènes du Pesqué à Orthez. En ville, la situation est désespérée. On trouve de tout… à condition d’avoir beaucoup d’argent : le kilo de beurre passe de 10 francs au début de la guerre à 400 francs en 1944
D’autre part, Albert se souvient qu’un soir de janvier 1943, occupant alors tout la territoire trois officiers allemands entrant brusquement dans son collège à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) et prient les élèves de quitter l’établissement sur le champ. Une heure plus tard, tous les cent cinquante pensionnaires sont à la rue avant de trouver refuge chez l’habitant. Leurs cours se déroulent alors dans des granges alors qu’un collège privé les accueille à sa cantine.

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