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Découvrez l’article de presse élogieux sur notre auteur Essayiste historique Mickaël Gendry dans le Breitzworld

: auteur de l’ouvrage « De l’Armorique à la Bretagne », l’essai qui retrace la migration bretonne, originaire du Pays de Galles et la Cornouailles, de la fin de l’Antiquité à l’An mil.

L’installation des Bretons en Armorique,  une période « sombre » de l’Histoire de Bretagne ?

Dark Ages ou « Ages Sombres », la période qui s’étale de la fin de l’Antiquité à l’An mil tient moins au recul de civilisation supposé après la chute de l’empire romain que la pénurie des sources et la difficulté de leur traitement. Les principales sources disponibles en Bretagne sont des sources hagiographiques ou « Vies de saints ». Celles-ci ont en commun avec les mythes de raconter un passé en incluant le merveilleux. Le rapport avec la réalité peut être absent ou aléatoire mais à chaque fois il vise à produire du sens, mobilisant des symboles souvent présentés comme des personnages ou des événements réels. Reste à savoir, ce qui, dans ces légendes peut être retenu pour retracer une histoire crédible des Bretons au haut Moyen Age ?  L’enseignement des mythes permet de dépasser la simple lecture littérale des textes . L’historien Pierre Grimal a par exemple mis en avant dans la légende de fondation de Rome des rites de fondation de ville, d’origine étrusque. Ils sont mentionnés dans le traité d’architecture de Vitruve au Ier siècle avant J.C. Les vestiges archéologiques retrouvés sur le Palatin recoupés à des urnes cabanes ou urnes cinéraires ont permis de reconstituer un village de bergers, dont la datation était proche de la date légendaire de fondation de Rome proposée dans les textes de l’Antiquité. La légende côtoie l’Histoire. Il en est de même de toutes celles du bassin méditerranéen dans l’Antiquité.

Le modèle est-il transposable à la Bretagne du Moyen age ?  Une fois déliées du récit de leurs héros – les saints – dont elles entendent promouvoir la cause, les Vies de saints bretonnes ont-elles aussi beaucoup d’informations à nous livrer. Elles laissent entrevoir le contexte, les espaces et parfois les conditions dans lesquelles se sont installés ces premiers migrants – à la condition cependant qu’elles soient recoupées avec d’autres sources. Dans de rares cas enfin, il est possible de poser la question de l’historicité de personnages qui ont encadré les migrations ou créé les conditions de l’installation de ces communautés exogènes sur le continent. C’est le cas des chefs religieux Samson ou Tutgual/Tudual, à la fois évêques et saints – mais ils n’étaient pas reconnus en tant que tels de Rome – ou des chefs bretons tels que Riwal, Conomore ou Gradlon, attestés ailleurs par d’autres sources.

L’Armorique, un nouveau monde ?

Comme dans le cas de la conquête de l’Ouest en Amérique de 1720 avec l’épisode éminemment symbolique du Mayflower (« fleur de mai »), jusqu’au XIXe siècle, les Bretons s’installent à la fin de l’Antiquité d’abord sur le littoral. Le monde qu’ils découvrent n’est pas nouveau pour eux. Des liens forts existaient déjà entre la Bretagne insulaire, la Grande-Bretagne actuelle et le continent. Procope de Césarée au VIe siècle précise que la traversée transmanche ne prenait qu’« une nuit et un jour », soit pour « moyenne d’environ quatre nœuds qui par beau temps n’était pas hors d’atteinte pour les navires antiques ou médiévaux », une distance de 250 km environ. L’implantation des premiers colons a lieu à l’emplacement d’une ancienne ligne de défense militaire d’origine romaine, alors  démantelée, le Tractus Armoricain dont il reste des vestiges aujourd’hui par exemple à Alet, près de Saint-Malo ou Quimper. Le système de défense courait de la baie de la Somme à la Gironde et faisait partie d’un système plus large transmanche.

L’installation des Bretons sur le continent est réalisée sous l’égide des rois francs dont Grégoire de Tours indique dans son Histoire des Francs qu’ils ne payaient pas le tribut. Elle donne lieu à une toponymie spécifique (toponymes en lan « monastères » et ploues « paroisses » , et évêchés). A cette époque les peuples bretons n’étaient pas encore constitués en tant que Nation spécifique. Le sentiment d’appartenance valait uniquement pour le clan auquel ils appartenaient, ceux des communautés de Bretagne insulaire d’où ils étaient issus la Cornouailles anglaise actuelle et le Pays de Galles. La Domnonée au IXe siècle (du Léon au pays de Dol) et la Cornouailles dans le sud Finistère aujourd’hui en héritent.

Le processus de bretonnisation de l’Armorique s’est poursuivi ensuite par une langue propre et un territoire constitué tout au long du Moyen Age. Deux campagnes de pacification menées par les Francs conduisent à l’installation d’évêchés d’origine bretonne. L’évêché de Dol lié à Samson et peut-être déjà l’évêché de Saint-Pol-de-­Léon sont mis en place à l’époque mérovingienne. Celui de Dol est attesté par une concile de 562. Les évêchés d’Alet et Quimper sont des créations de l’époque carolingienne, suite aux campagnes de Charlemagne et Louis Le Pieux. Ils complètent alors la liste des évêchés de Vannes, Rennes et Nantes créés à l’époque gallo-romaine. Les évêchés de Tréguier et Saint-Brieuc ne sont pour leur part attesté que tardivement, en 990 dans les sources.

 

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A propos de Mickaël Gendry

Mickaël Gendry est professeur d’histoire de l’enseignement secondaire, spécialisé dans l’étude du fait religieux : de l’architecture (L’Église, un héritage de Rome, Méthode et principes de l’architecture chrétienne, Harmattan, 2009), des minihis et évêchés bretons au haut Moyen Âge (publications universitaires sur les origines de l’évêché d’Alet/Saint-Malo, les minihis et les troménies). Sa passion de l'histoire de Bretagne est liée aux travaux de recherche réalisés sous la direction d'André Chedeville et Bernard Merdrignac, grands spécialistes de la Bretagne au Moyen Âge qui ont marqué l'historiographie sur le sujet. Il est aussi auteur d’un ouvrage sur le patrimoine de Quintin, une des vingt-deux cités de caractère de Bretagne (Quintin, genèse et développement d’un bourg castral).