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Carnets d’un saharien

Ebook : 7.99 
Livre Broché : 16.90 

Les «CARNETS D’UN SAHARIEN » retracent un épisode des expéditions qui opposèrent en 1916 et 1917 l’armée française aux tribus dissidentes du Sud algérien. Très
documenté sur la vie des méharistes, des personnages historiques de l’époque et des Touareg, ce roman est un témoignage historique et une réflexion humaniste.
Le style épistolaire permet à l’auteur de décrire au jour le jour les émotions, les extases et les envoûtements qu’il a ressentis au cours de ses séjours au Sahara. La passion du désert est pour lui un véritable virus, dont l’atteinte incurable a façonné ce roman. Il restitue l’âme du désert et la vie des Touareg avec une virtuosité qui nous permet de faire le voyage sans s’exposer aux dangers actuels du Sahara.
Gilbert PETIT a, très jeune, entrepris de grands périples. À 19 ans, une bourse Zellidja en poche, il parcourt la Scandinavie en stop, pour une étude de la civilisation viking. De là naît une passion pour le voyage qui le conduira un peu partout dans le monde, en particulier au Sahara.
Lors d’un voyage en 1965, où faute de budget, il sédentarisera autour de Tamanrasset et tombera sous le charme des Touareg, dont il partagera, pour un temps, la vie âpre et noble. Par la suite, il fait de nombreux voyages (Maroc, Algérie, Tchad, Mali, Niger, États-Unis, Antilles, Russie, Québec, Chine, Birmanie, Laos, Cambodge, Viêt Nam, Europe du Nord et du Sud, France) d’où il tire chaque fois des leçons de vie. Il voyage à pied, seul ou avec son épouse, sous la conduite de guides locaux. C’est la seule façon de prendre le temps de connaître les gens, de vivre avec eux et de partager leur vie. De ses voyages autour du monde, il retient une chose : plus les gens sont pauvres, plus ils sont accueillants et plus les contacts sont fructueux.
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Extraits du livre

Extraits du livre

7 décembre 1916
Il faut d’abord que je te parle de l’univers qui est le mien, que j’ai d’abord haï les premières années, et que maintenant, petit à petit, je me prends à aimer.
J’aimerais que tu partages un peu cette vie du désert, triste, monotone et souvent douloureuse. Évidemment, j’ai de la chance de ne pas être au front. Les copains du
16 ème spahi qui y sont partis sont presque tous morts. Oui, j’ai de la chance, mais moins qu’on pourrait le croire.
Le désert me dévore, à petit feu, et fait de moi un autre homme, tuant celui que j’étais avant.
Ma chance réside, peut-être, dans le fait que ce soit lentement, alors que mes camarades sont morts brutalement, déchiquetés par les obus allemands. Ici, bien que l’on parle
souvent de la guerre, on n’en a pas vraiment conscience. Pour avoir conscience de cette horreur, il faut revenir en France, comme moi cet été. Là, j’ai vu ce à quoi j’ai échappé, mais j’ai aussi réalisé ce que je suis maintenant.
Il est impossible pour toi de comprendre le décalage qui s’est creusé depuis dix ans,
entre mes amis de métropole et moi. Pour eux, les grandes idées que nous avions ont fructifié,
alors qu’elles se sont évanouies chez moi. Ceux que j’ai pu voir durant ma permission sont restés
des hommes distingués, cultivés, courtois, malgré la guerre. Il leur manque souvent un bras, une
jambe ou la moitié de la figure. Moi, je suis intact, mais je suis devenu sauvage, cruel, fermé. Le
désert a gommé ma personnalité pour m’en forger une autre. L’armée saharienne a été la
complice de cette métamorphose, comme un catalyseur ou une brosse à reluire, mais le désert en
est l’acteur principal.
Le Sahara a brûlé l’homme que j’étais.
Le désert, tel que vous vous l’imaginez en France, à travers les livres ou les journaux,
est une image d’Épinal, une chimère, une rêverie, un mirage…
Certes, il y a des oasis vertes, mais elles abritent aussi des tribus rebelles. Certes, il a
des canyons frais où poussent les lauriers roses, mais on s’y fait trancher la gorge quand on s’y
endort. Certes, il y a des puits le long des pistes, mais ils sont comblés par les vents de sable.
Certes, il y a des paysages sublimes, mais au prix de traversées accablantes. Ce que ne décrivent
pas vos journaux, ce sont les marches interminables dans le fech-fech1, à côté du chameau. Ils ne
vous parlent pas des vipères, des scorpions, de la chaleur qui nous consume, des vents de sable
qui nous sucent jusqu’à l’os. Ils ne vous disent rien de la solitude qui tue plus sûrement que les
attaques des rebelles. Rien sur les contre-rezzous 2 durant lesquels on massacre hommes, femmes,
enfants, vieillards, sans distinction, on brûle leurs tentes, on viole leurs épouses, on confisque
leurs chameaux, on mange leur blé et leurs chèvres. Rien sur l’absinthe qu’on avale après, pour
oublier, et qui noie tout. Rien sur l’ennui qui nous anéantit. On ne vous parle que de conquêtes,
de pacification, de voies ouvertes à la civilisation, de missions catholiques.

 

1
Fech-fech : sable mou dans lequel la marche est très pénible.
2
Contre-rezzous
: lorsqu’un rezzou, lancé par une tribu dissidente, pillait un campement d’une tribu alliée, une colonne
de 25 à 50 méharistes partait pour une expédition punitive, dont le but était de mâter les rebelles par les armes. La plus
mémorable de ces expéditions fut celle du lieutenant Cottenest qui en 1903 écrasa dans le sang le campement de Tit.
Ces contre-rezzous ont continué jusqu’en 1930, donnant lieu à des récits épiques (cf
: l’escadron blanc de Joseph Peyré)

Détails du livre

Auteur

Gilbert Petit

ISBN Ebook

979-10-326-0721-3

Version

Ebook Téléchargeable, Livre Papier

Format Livre

177

ISBN Livre

9791032602225

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A propos de l'auteur : Gilbert Petit

Gilbert Petit

Gilbert PETIT fut ingénieur puis dirigeant dans l’industrie automobile. Il a sillonné le monde depuis l’âge de dix-neuf ans. En 1963, il parcourt la Scandinavie pour une étude sur la civilisation viking. Il tombe ensuite sous le charme du Sahara, qui l’envoûtera à vie. Suivront une cinquantaine de pays, sur les cinq continents. Il voyage seul ou à deux, pour rencontrer des minorités, des rebelles, des gens peu fréquentables. De chaque périple, il rapporte des leçons de vie et la matière pour écrire un nouveau roman. Outre l’écriture, il a une autre passion : le dessin et l’aquarelle.