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Contes pour enfants et adultes – L’homme qui dérobait la lumière

Ebook : 4.99 
Livre Broché : 8.90 

Ces contes se veulent être d’un nouveau genre, un peu « surréalistes ». Ces contes ont pour vocation de dérouter les lecteurs jeunes ou moins jeunes.

L’auteure veut introduire l’extraordinaire dans notre vie ordinaire. Elle souhaite évoquer des objets quotidiens ou des êtres qui nous entourent et révéler leur part de poésie.

L’homme qui dérobait la lumière révèle, en partie, sa personnalité. Elle aimerait, comme beaucoup, « sauver le monde » et est confrontée à la réalité. Cette dualité intérieure n’enlève en rien la part poétique qui existe dans toute situation, tout lieu et avec qui que ce soit.

Ainsi, dans le conte « La balle et le fleuret », la balle arrive à se sortir de sa terrible relation avec le fleuret.

« Le balayeur de l’espace » nous emmène dans des contrées lointaines et est toujours présent dans l’univers même s’il s’est disputé avec la Terre.

« La petite montre bleue » retrouve une deuxième vie alors qu’elle perdait espoir au fond d’un tiroir.

« Le chien Onyx » attend son maître qui l’a abandonné mais il lui arrive encore d’aimer.

L’enfant sourd sait rejoindre son monde intérieur.

« Le rêveur du Châtelet » s’est assoupi dans le métro. Il y rencontre de nombreux personnages fictifs ou vivants qui s’entremêlent dans sa réalité.

« L’effaceuse d’encre » est un personnage féminin mythique qui apporte son aide puis disparaît.

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Extraits du livre

Extraits du livre

Extrait I

 « L’homme qui dérobait la lumière »

« Il existe des soleils jaunes, orange ou rouges. Il existe des soleils verts, mauves ou tout simplement noirs », se répétait la petite fille qui se tenait dans une pièce sombre.

Elle avait ouvert la porte par hasard et avait mis longtemps à s’habituer à l’obscurité qui régnait dans la pièce. Elle fit un demi-tour sur elle-même et aperçut un bureau gris et vide. Elle s’en approcha et écouta les battements de son cœur. Il vivait encore un peu. Ses tiroirs, qu’une personne avait soigneusement fermés, respiraient faiblement.

La petite fille eut la certitude tout à coup que nul ne s’était aventuré dans cette pièce depuis bien longtemps.

Elle tira les tiroirs d’un geste saccadé. Ils étaient vides. Elle les referma brutalement et examina les murs. Une main malhabile avait collé trois affiches à l’aide d’un mauvais ruban adhésif. Il s’était décollé avec le temps et puis l’usure. Les trois affiches s’étaient recroquevillées et s’enroulaient sur elles-mêmes comme un vieux serpent fatigué.

La petite fille fit à nouveau un pas. Elle sursauta. Il lui sembla voir une ombre humaine.

Non, ce n’était qu’un pauvre fauteuil caché dans un coin. Plongé dans l’obscurité, la petite fille écarquilla les yeux pour le regarder.

Il n’avait rien d’extraordinaire. C’était un fauteuil tout à fait banal. Elle le trouva laid et inutile dans son coin. Elle s’approcha de lui et s’accouda sur ses bras glacés et métalliques. Elle entendit alors un faible sanglot qui provenait du vieux fauteuil. Sous ses quatre pieds, gisaient des larmes.

« Un fauteuil qui pleure… voilà quelque chose de bien étrange », pensa la petite fille.

Extrait II

L’EFFACEUSE D’ENCRE

Depuis combien de temps marchait-il dans la rue sous cette neige glacée ? Il ne le savait plus. Son cartable était léger au bout du bras. Et pourtant, il se sentait lourd, très lourd.

« Cela doit être les flocons de neige qui m’alourdissent ! » pensa-t-il.

Derrière une vitre pleine de givre, il aperçut la boulangère qui disposait avec soin une pile de petits pains au chocolat encore tout chauds. Il pressa le pas car il n’avait plus le temps de s’attarder.

« Mon Dieu ! s’écria-t-il. Que va dire le maître ? »

À cet instant, un chien bouscula une poubelle remplie à ras bord. Elle s’effondra à terre et répandit son contenu sur la chaussée détrempée. Des boîtes de conserve roulèrent à terre d’un bruit métallique et sourd. Elles tournoyèrent sur elles-mêmes pour s’arrêter définitivement après avoir souillé les premières neiges. Il regarda cet étalage de papiers gras, de pelures d’oranges et de légumes.

« Cette fois-ci, le maître va me punir à coup sûr ! se répéta-t-il doucement. Est-ce ma faute si la neige me retarde depuis le début de décembre ? »

Comment pouvait-il expliquer que les flocons l’avaient alourdi et qu’une poubelle s’était renversée ? Cette histoire n’avait ni queue ni tête. Il ne cessait de penser à cela lorsqu’il s’aperçut qu’il était enfin arrivé. Il courut à travers les couloirs vides de l’école et entra en silence dans sa classe. Tous ses camarades l’observèrent en silence…

À peine eut-il le temps de s’asseoir que le maître s’écria :

« Ah te voilà, petit galopin ! Tu as encore traîné dans la rue… Allez, mets-toi au travail, tout de suite. »

L’enfant ne présenta pas ses excuses. Il n’avait pas trouvé une excuse valable sur le chemin. La neige… la poubelle… tout cela n’avait aucun sens. Il s’assit à son bureau et sortit de son cartable un cahier d’écriture déjà bien écorné.

« Aujourd’hui, dit le maître, tu fais le « R ». Tâche de t’appliquer, je ne supporterai plus tes torchons remplis d’encre ! »

À ces mots, le maître prit son stylo et appliqua sur la page immaculée un magnifique « R ».

Il ne put qu’admirer son maître qui maniait la ligne courbe et rectiligne avec autant d’agilité.

« Recommence la même chose jusqu’au bout de la ligne », dit le maître.

« La même chose, la même chose… Impossible ! se dit l’enfant. Le maître a dessiné un « R » énorme et magnifique. Je ne pourrai jamais le refaire. »

Il mâchonnait son porte-plume en rêvassant sur les lignes du cahier. Il se pencha à nouveau au-dessus de son cahier pour admirer les prodiges de son maître. Une énorme tache d’encre s’échappa alors de la plume et s’écrasa lentement sur la lettre du maître.

L’encre s’étala, le papier se mit à gondoler. La tache brilla un moment et son éclat s’atténua.

Il était émerveillé… lorsque son maître s’exclama :

« Que fais-tu, galopin ? Tu ne travailles plus ? »

Le maître s’approcha de son élève; Il aperçut une tache énorme et bleue qui maculait son cahier d’écolier. Le maître faillit s’étouffer de colère. Persuadé que son élève se moquait de lui, il décida de mettre un point final à d’autres insolences.

Extrait III

La balle et le fleuret

Le fleuret était dans son coin. Long et mince, il tendait le cou. Il avait toujours l’air de regarder partout et, pourtant, il ne regardait nulle part car il était myope et cela depuis sa tendre enfance.

À côté de lui ou plutôt à ses pieds, se trouvait une jolie petite balle. Elle était ronde et ventrue à souhait. Quand on la regardait de près, elle donnait toujours l’impression de rire aux éclats. Ce n’était pourtant que le résultat d’une longue dispute avec le fleuret qui lui avait laissé, en souvenir, une très jolie estafilade.

Tout cela pour vous dire que l’entente ne régnait guère dans cet horrible cagibi tout poussiéreux. La petite balle ne cessait de soupirer dans son coin et le fleuret n’arrêtait pas de songer à quelques autres mésaventures dont la victime serait, bien sûr, la petite balle.

Pendant très longtemps, la petite balle avait songé à s’enfuir. Quelqu’un allait sûrement la sortir de cette horrible trappe pour aller jouer avec elle.

Plus les jours passaient, et plus elle se rendait compte que tout le monde l’avait oubliée dans ce placard abandonné.

Tous les enfants de la maisonnée avaient préféré les skates ou les scooters qu’ils faisaient pétarader dans la rue.

Quant au fleuret, il avait abandonné tout espoir de retrouver une place dans la société qui lui était due.

Depuis le jour où la maîtresse de ces lieux avait osé dire qu’il n’était pas assez beau pour décorer le salon ou le hall d’entrée, il avait renoncé à toute vie sociale.

Il désirait se venger de cette terrible vexation en faisant souffrir la petite balle toute démunie de défense.

Eh oui, la petite balle se savait bien fragile et sa peau en caoutchouc était si fine.

Ils étaient là à se regarder dans ce cagibi noir ; l’un passait son temps à épier les faits et gestes de l’autre, l’autre passait son temps à esquiver les mauvais coups du fleuret.

Détails du livre

Auteur

Eugénie Lumbroso

Version

Ebook Téléchargeable, Livre Papier

ISBN Ebook

978-2-36849-963-4

ISBN Livre

9782368498200

Format Livre

59 pages

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A propos de l'auteur : Eugénie Lumbroso

Eugénie Lumbroso

Eugénie Lumbroso a fait des études de linguistique puis des études de commerce international. Elle a travaillé dans les nouvelles technologies et dans l’industrie numérique toute sa carrière professionnelle. Elle a écrit les Contes pour enfants et adultes à l’âge de 18 ans.