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De Gaulle m’a donné des ailes

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Il est des hommes d’exception qui, synchronisés à leur temps, se trouvent là où s’écrit l’Histoire : Jean Billaud est de ceux là. Il fera la guerre dans la Royal Air Force sur Halifax, puis courra le monde. Le Maroc, sur la trace des pionniers de l’Aéropostale, où il retrouvera le Général de Gaulle, la guerre d’Algérie, au cours de laquelle il contribuera activement à l’échec du putsch des Généraux, le Laos où son hélicoptère sera à deux reprises abattu par les maquisards, le Cambodge et son amitié avec le Roi Sihanouk. Lors du discours de Phnom Penh en 1966, il sera aux côtés de son mentor, Charles de Gaulle, qui le fera rentrer en France pour lui faire rejoindre «les réseaux Foccard ». Il sera ensuite affecté au Burundi, en qualité de pilote du Président Micombéro dont il deviendra l’intime, comme celui de Bokassa, côtoiera Amin Dada, Hailé Sélassié, et bien d’autres. Il sera le témoin des affrontements inter-ethniques entre Hutus et Tutsis et sauvera tous ceux qu’il pourra. Puis les Comores où il sera le proche conseiller du Président Abdallah, et l’ami de Bob Denard. C’est le « Carrefour du Développement » qui mettra fin à sa carrière.

Jean Billaud a aujourd’hui 96 ans, une fraicheur physique et mentale ahurissantes : l’an dernier, il a effectué un saut en parachute depuis 3000 mètres, et, cette année, a été directeur de campagne du député Olivier Falorni, réélu à La Rochelle avec 70% des voix ! La Rochelle, sa ville, qui en janvier dernier, l’a élevé au rang de « Citoyen d’Honneur », le seul aujourd’hui, comme pour reconnaître qu’il est unique.

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Extraits du livre

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Extraits du livre : De Gaulle m’a donné des ailes

de l’auteur Christian Paris

Page 61 62 : l’esprit chevaleresque

Pourtant, l’esprit chevaleresque qui prévalait entre pilotes de la guerre de 14, magnifiquement incarné par Guynemer et Von Richthofen, n’a pas totalement disparu. Sur le front russe sur lequel se bat l’escadron de chasse 2/30 « Normandie- Niémen », Pierre Bléton accumule les victoires. La veille, les mécaniciens ont peint le douzième avion allemand sur le capot de son Yak-3, frise qui consacre plus que toute autre l’épopée des as de la chasse. En ce matin maussade où le ciel se confond avec « l’interminable ennui de la plaine », Bléton ressent l’hostilité de cet environnement qui dissout le temps dans un espace sans contours. Après que le chasseur allemand a pris le dessus, le temps va soudain s’arrêter pour le pilote français qui, comme dans un mauvais rêve, se balance sous son parachute. Entre ses pieds, le sol animé de silhouettes sombres s’annonce hostile et, dès son atterrissage, il est fait prisonnier. Emmene dans un campement, il découvre qu’il s’agit justement de celui de la prestigieuse escadrille Von Richthofen, celle des héritiers du « Baron rouge ». Pierre Bléton est traité avec le respect qu’inspire la confraternité entre aviateurs. Très vite, il apprend que la Gestapo viendra dès le lendemain l’interroger, et il perçoit la désapprobation et l’inquiétude dans le regard de son interlocuteur, lui-même pilote. Quelques mots feutrés et une porte restée entrouverte lui suggerent le chemin de la liberté. Ses « geôliers » l’ont libéré comme on relache un oiseau pris au piège, alors qu’il n’est fait que pour voler.

Page 193 194 : Décapité mais vivant !

L’histoire de ce lieutenant-colonel pourrait figurer en bonne place dans le livre des Histoires extraordinaires ou dans le récit des miracles attribués à telle ou telle divinité, selon les croyances. En Asie, chacun y voit la main protectrice de Bouddha.

Capturé par les Japonais, sommairement jugé et condamné à être tout aussi sommairement exécuté, son sort était scellé. Au pays du Soleil-Levant, les traditions sont respectueusement entretenues, en particulier celles héritées du temps des vénérés samouraïs. Le sabre, le katana, y occupe une place privilégiée, proche du sacré, et sa lame est l’âme du samouraï. Il est l’arme de la défense de l’honneur et, par extension, il est aussi celle du châtiment des ennemis. Le prisonnier français sera donc décapité au sabre, tout comme quelques autres de ses compagnons d’infortune, français eux aussi. Placé face à la fosse commune, agenouillé, les mains liées derrière le dos, la tête inclinée vers l’amoncellement de cadavres qu’il s’apprête à rejoindre, il ne fait pas défiler les moments importants de sa vie, pas plus qu’il ne récite de prière. Il se concentre intensément pour gérer au mieux la seconde la plus vitale de son existence : il se prépare à recevoir la peine capitale. Au moment où s’abat la redoutable lame, forgée pour infliger la mort, à l’instant même où elle entre en contact avec son cou dénudé, il s’abandonne au déséquilibre qu’il avait mentalement anticipé, bascule vers l’avant et accompagne la frappe du bourreau.

La nuit suivante, il se réveille ! Profondément entaillé, mais vivant ! Grâce à l’aide d’une Vietnamienne qui a peut-être vu dans ce miracle l’intervention du divin, il sera soigné et caché. Revenu de l’enfer dont il a senti le brasier, il en conserve aujourd’hui une impressionnante cicatrice et un moral à toute épreuve.

Page 241 242 : Les danseuses du Ballet royal

Contemplé depuis le palais, en partie dessiné par Gustave Eiffel, le Mékong est encore plus majestueux. Sous les ors des salons, Jean assiste, fasciné, à la danse du Ballet royal. Ces jeunes femmes au noble maintien se muent en danseuses souples dont la lente gestuelle exhale une grâce intemporelle. Les arabesques que dessinent dans l’espace leurs mains élégantes aux doigts effilés entraînent avec elles les regards hypnotisés des spectateurs sous le charme. Elles sont les descendantes des danseuses célestes, les apsaras, à qui la mythologie prête de glisser sur l’eau. Comme en apesanteur au-dessus du sol, elles semblent se mouvoir sans effort dans l’espace, au rythme des percussions du roneat, sorte de xylophone à forme de bateau.

Page 261 : Angkor et les temples khmers

Il est souvent chargé de les acheminer à Siem Reap où ils s’émerveillent de la quarantaine de temples légués par la fascinante civilisation khmère. La symétrie grandiose et imposante d’Angkor, les visages chargés de mystère du Bayon, la fusion du grès et du bois sous l’étreinte mortelle du ficus de Preah Khan, la délicate dentelle minérale de Banteay Srei, l’énigmatique sourire de Jayavarman VII. Comment cette civilisation si raffinée, si évoluée, a-t-elle pu un jour engendrer les Khmers rouges ? Ses descendants, à force de décliner, ont fini par toucher le fond, là où se dépose la fange de l’humanité. Comment ne pas évoquer la pensée prémonitoire de Paul Valéry selon laquelle « les civilisations sont mortelles » ?

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Les avis lecteurs

1 avis pour De Gaulle m’a donné des ailes

  1. Note 5 sur 5

    Mille Christiane

    Sublime…. merci Jean d’avoir bien voulu vous confier à Christian pour nous livrer ce beau parcours … de passion et d’energie.
    Merci à Christian pour ce bel ouvrage qu’il a entrepris aussi avec passion et énergie….

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A propos de l'auteur : Christian Paris

Christian Paris

L’auteur, commandant de bord longs courriers à Air France, fut longtemps instructeur avant de rejoindre le Conseil d’Administration et le comité de stratégie de la Compagnie Nationale. Déclaré apte à la fonction astronaute en 1986,il ne contemplera finalement jamais la planète bleue à travers le hublot d’un vaisseau spatial, pour d’obscures raisons. Issu de la 53 ème promotion de l’IHEDN, son intérêt pour la défense nationale et la géopolitique élargit l’horizon de sa passion pour l’Aviation. Avec Jean Billaud, acteur dans les deux domaines, il tournera des pages d’Histoire, en passant d’un continent à l’autre. Citoyen du monde, tout autant qu’aviateur, il partage aujourd’hui sa vie entre Paris et Bangkok.