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Exécuté à blanc

Ebook : 9.99 
Livre Broché : 19.90 

Qui est-il ? Où va-t-il ? Comment peut-on vivre ainsi ?

Il a été trompette dans la Légion étrangère, garde du corps, mercenaire au Liban en 1982, démineur, prisonnier des Palestiniens puis colonel dans l’armée croate. Ses aventures montrent que la barbarie renaît où vit le conflit.

Son parcours incroyable, dur, sans pitié et désespéré, est éclairé par le parcours de son père, parachuté de Londres en 1943, évadé d’Ellrich, officier de renseignements.

Il veut devenir un héros comme son père. Il aime l’imposture, les armes et les mines.

Dans sa lutte acharnée contre l’effacement, il recherche une identité qu’il n’a jamais trouvée.

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Extraits du livre

Extraits du livre

Le Crépuscule des Dieux descend lentement sur Fakahani, sur ces hommes qui se préoccupent avant tout de l’efficacité de leurs inventions meurtrières. Nous longeons la corniche Gemayel, il est 16 heures 30, nous avons trop traîné dans les restaurants et les bars, nous le savons bien. Pierre en a marre de marcher.- Arrêtons-nous pour faire du stop. Il y a beaucoup de voitures qui passent en direction de Beyrouth Est.- Tu as raison. On n’a pas attendu longtemps, voici une voiture qui s’arrête.- Sûreté Libanaise, messieurs, nous vous demandons d’embarquer pour un contrôle.Les bâtiments de la sûreté libanaise se trouvent à Beyrouth Est, avant le premier poste kataeb. Nous montons donc sans méfiance dans la Volkswagen des policiers, courtois et avenants, qui nous ont montré leurs cartes. Nous retournons passage du Musée, jusque-là, tout va bien.- Mais, où nous emmenez-vous ?Le chauffeur vient de dépasser l’entrée du bâtiment officiel.- Vos gueules, dit l’un des policiers en sortant son pistolet de la ceinture.C’est là que j’ai compris. Il a sorti un Tokarev russe, une arme que ne possèdent que les officiers palestiniens. Aucun factionnaire kataeb en vue de ce côté-ci de la route. Sous la menace de leurs armes, nous sommes coincés. Nous retournons à l’Ouest. Ils nous emmènent dans le quartier de Fakahani, le Beyrouth palestinien, à proximité du centre sportif, il est environ 18 heures. Ma sœur me dira, lorsque je reviendrai en France : « Tu t’es fait piquer à cause de ta grande gueule, tu as dû aller te vanter partout de tes exploits ». Je lui ai demandé comment elle le savait, mais j’avais la réponse. Je me suis toujours vanté de mes exploits là où il ne fallait pas. Faire un tour à Beyrouth Ouest était déjà une provocation, mais nous n’en sommes pas restés là. Dans tous les bars où nous avons bu avant de nous décider à rentrer, nous avons bien rigolé de notre bonne « blague »…La voiture s’arrête devant ce qui ressemble à un immeuble de grand luxe du boulevard Bineau, à Neuilly. Le chauffeur nous fait descendre par l’ascenseur et ouvre la porte blindée d’un sous-sol dans lequel douze caves individuelles ont été aménagées en cellules. Nous passons devant un prisonnier efflanqué, lacéré de coups, en train de hurler à la mort. Ma cellule est noire, étouffante. On y a jeté, sans doute par méprise, quelques morceaux de mousse plastique et une couverture raidie par la sueur laissée par des légions de détenus. Depuis le 25 juin, les bombardements n’ont pas cessé, et Israël a fermé définitivement les robinets de la civilisation. L’eau et l’électricité sont des luxes qu’on n’offre pas aux prisonniers, surtout s’ils sont considérés comme espions juifs, ce qui est notre cas.

….

 

Ce type me met en rage. Je me demande combien de minutes il a passé sur un champ de manœuvres militaires, sûrement pas autant que sa fonction pourrait le laisser supposer.

Nous passons dans la galerie Seimann après nous être arrêtés devant la résidence des pins pour y embarquer quelques personnes, des secrétaires de l’ambassade qui quittent l’Ouest en raison des événements. Les Israéliens patrouillent autour du champ de course et de la Résidence. Quelques automitrailleuses russes sont stationnées près de la maison de campagne de l’ambassadeur et le passage du Musée est barré par d’énormes tas de terre et de sacs de sable. Ça sent la fin pour la capitale libano-palestinienne !

Au moment de l’arrêt devant la résidence des pins, je change de voiture. Je prends place dans la 604 de tête, auprès d’un sous-officier qui porte un tee-shirt de Saint-Maixent. Notre convoi comprend cinq voitures, toutes chargées à bloc.

– Que transportons-nous ?

– Bof, du matériel sensible. Nous préférons mettre tout ça en lieu sûr.

– Étant donné les relations amicales de la France avec les Palestiniens, notre matériel n’est-il pas en lieu plus sûr à l’Ouest que là où nous allons ?

– Justement, c’est du matériel palestinien, top secret !

– Ne vous en faites pas, motus et bouche cousue. N’aurions-nous pas été échangés contre ce genre de matériel ?

Il trouve sans doute qu’il en a trop dit et se ferme, tout à sa conduite. Au carrefour de la galerie Seimann et de la route menant à Khaldée et à Baabda, nous sommes arrêtés par une patrouille phalangiste.

– Montrez ce que vous avez dans le coffre !

L’attaché militaire bafouille lamentablement et montre un laissez-passer diplomatique.

– Je m’en fous du coupe-file, répond le garde, ouvrez votre coffre !

Je descends de la voiture et, bonne poire, montre au garde ma carte de Marjaayoun et mon coupe-file israélien.

– Bon, passez !

L’attaché militaire me lance un regard plein de points d’interrogation, mitigé de points de suspension. Nous voilà repartis à l’Est. Un gigantesque embouteillage nous retient encore pendant une demi-heure. Après avoir suivi une route agréable entre les sapins, nous nous arrêtons devant un groupe d’immeubles résidentiels où se niche la nouvelle ambassade de France. Nous attendons cinq minutes que l’ambassadeur, monsieur Paul Marc Henry ait fini sa collation de midi. Et je vois, pour la première fois de ma vie, un ambassadeur de France haut en couleur, grand sexagénaire aux cheveux blancs, à la mine réjouie, qui ordonne à ses sous-fifres de nous conduire en haut, pour recueillir nos déclarations. L’attaché militaire se garde bien de faire allusion à l’incident de la galerie Seimann. Ken est avec moi, il s’est, de bon gré, placé sous l’autorité de l’ambassadeur de France.

5 sur 5 basé sur 2 votes client
(2 avis client)

Détails du livre

Auteur

Maryvonne PELLAY

Version

Ebook Téléchargeable, Livre Papier

ISBN Livre

978-2-36849-548-3

ISBN Ebook

978-2-36849-549-0

Format Livre

356 pages

Les avis lecteurs
5 sur 5

2 avis pour Exécuté à blanc

  1. 5 sur 5

    :

    Extrêmement dérangeant, mais impossible de la lâcher jusqu’à la dernière page.
    On se heurte continuellement à nos limites à adhérer à la logique du personnage qui acquiert au fil des pages le statut de héro qu’il revendique. Force est de reconnaître qu’on est confronté à une trajectoire tragique qui bouscule nos cadres de pensée.

    Alain Monnet

  2. 5 sur 5

    (client confirmé):

    ça secoue ,et ça prouve que la mécanique guerrière se nourrit de tous les êtres sans repères , mais fins et astucieux , brillants , et pourvus d’une exceptionnelle énergie du désespoir .
    Ce livre rend sa vérité à Jean Yves .

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A propos de l'auteur : Maryvonne Pellay

Maryvonne Pellay

Maryvonne Pellay, a écrit plusieurs livres de vulgarisation scientifique pour les enfants, avant de co-écrire avec Jérôme Lefranc
une comédie musicale, « La petite reine », primée par le ministère de la Culture, et une pièce de politique-fiction, « Les aiguilles de l’horloge n’indiquent pas la même heure ». Elle a ensuite conçu les scénarios des jeux interactifs « Le Psy c’est vous » et « Le Commissaire c’est vous » (flèches d’or FNAC). De retour à ses amours d’intellectuelle-scientifique , elle a publié « Les 100 mots de l’eau » dans la collection Que sais-je ?, puis, sans autre forme de procès, un roman troublant sur les hommes de sa famille : « Exécuté à blanc », chez 7 écrit. Sa nouvelle « La chute » a reçu le prix du jury Plume d’agence et a été publiée aux éditions de la Table ronde.
Elle dirige actuellement le théâtre Falguière à Paris.