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La lave et la boue

Ebook : 7.99 
Livre Broché : 18.90 

C’est l’histoire d’un amour fou, irréversible et sans issue.

C’est l’histoire d’une déchéance et d’une survie.

C’est l’histoire d’un type qui se laisse emporter dans le tourbillon vertigineux de sa logique d’amour…

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Extraits du livre

Extraits du livre

(Pages 3-4) Aussi loin que je puisse me fatiguer à égrener ma vie, on m’a toujours appelé J.V.

Ce que j’ignore et qui me chagrine encore parfois, c’est la véritable raison de ce pseudonyme.

Effectivement, ce sont mes initiales.

Mais ai-je été affublé de ce surnom parce qu’il représentait ces initiales, ou parce que, enfant déjà et déjà soumis, je répétais à l’envi « J’y vais ! » chaque fois qu’on me demandait quelque chose, et même quand on ne me demandait rien ?

C’est l’énigme de l’œuf et de la poule réactualisé à ma propre identité… J.V… J’y vais…

Voilà bientôt 30 ans que je traîne (que je cultive ?) cette ambiguïté, quand j’aurais tout aussi bien pu m’appeler Roland Verdron, ce qui aurait nettement moins prêté à conséquence.

Tout ça pour dire que, d’ordinaire, « J.V. ! » me fait réagir au quart de tour…

Sauf tout à l’heure.

Je déambulais Grand-Place, comme je ne pouvais m’empêcher de le faire au moins une fois par semaine. J’aime cet endroit où, pour peu qu’on lève un peu les yeux, on redevient Espagnol ou Flamand, au cœur d’un Moyen-Âge de foires et de musique… J’avais un sac à provisions dans une main, une cigarette dans l’autre, quand je m’entendis appeler ainsi, et que je n’esquissai pas le moindre mouvement vers la voix.

Parce que je l’avais immédiatement reconnue…

Et que, si mes gestes avaient été à la hauteur du bouillonnement intérieur que cela avait provoqué en moi, j’aurais créé la panique parmi tous ces anonymes du dehors qui me croisaient sans me savoir.

Tétanisé…

Je continuai mon chemin, le cœur entre les dents.

Il n’y eut pas de rappel…

 

Comment ai-je fait pour ne pas me retourner, au moins la regarder, je n’en sais rien. L’envie était pourtant irrésistible, mais plus irrépressible encore était la peur. Peur de quoi ? Je ne le sais pas plus…

Peut-être de revivre ce qui me remontait par bribes, les derniers moments de sa voix, les derniers instants de notre dernière rencontre…

Elle était magnifique. Quand elle était entrée, j’avais pensé :

Tu es très belle… Mon absence te va visiblement très bien…
Mais je n’avais dit que sa beauté. Parce que j’avais toujours été incapable de lui faire mal, et que tous les sarcasmes naissant des doutes ou de la douleur ne dépassaient jamais le stade de ma pensée.

  • Tu es belle…
  • J’aime que tu me le dises.
  • Est-ce que je t’ai manqué ?
  • Parfois, oui.
  • Est-ce que je vais te manquer ?
  • Parfois, sans doute.
  • Est-ce que tu me désires encore ?
  • Tu le sais bien !
  • Dis-le moi !
  • Où iras-tu sans moi ?
  • Avec ma famille… jusqu’au bout.
  • Jusqu’au bout de quoi ?
  • Et moi, où irai-je sans toi ?
  • Ailleurs, avec quelqu’un d’autre.
  • J’aimerais… Mais je ne crois pas…

 

(page 114) Les jours passent comme les couleurs. Je ne fuis plus, j’attends. J’attends que tout devienne blanc, lisse et définitif. Je ne fonctionne plus que par habitude. Et étrangement, je suis épuisé.

Je n’ai plus revu le Rappeur depuis plusieurs semaines et je m’aperçois que je n’ai plus personne à qui parler.

Il a été arrêté en pleine représentation, sur la voie publique qu’il troublait effectivement en harcelant, une fois encore, la vieille pie. Avant d’être emmené par des flics plutôt amusés, il lui a lancé :

  • Ne t’imagine pas que tu vas être tranquille, chérie. Contre moi, tu ne peux rien. Je vais revenir te hanter. On va encore bien s’amuser ensemble…

C’est la dernière fois que je les ai vus, l’un et l’autre. Ils ne l’ont sûrement pas gardé plus de 48 heures… Où est-il passé ? Il me manque.

J’évite Michel comme la peste. Rien que sa vue me déprime. Il a le visage de la mort. Mais autant Kevin voulait la défier, autant Michel ne veut pas la voir. Il ne survit qu’en tournant le dos à la réalité. En dormant dans un lit crasseux, il veut continuer à croire qu’il est logé. En revendant à terme ses cigarettes, il veut s’imaginer qu’il est assuré sur la vie. En courant de l’un à l’autre pour recevoir des semblants de tendresse, il veut espérer une vie sociale.

Pauvre Michel… Les poux lui mangent le crâne, les poils lui mangent le visage et la crasse lui mange le corps. Il ne parle plus, il marmonne indéfiniment les mêmes attentes d’une voix de plus en plus incompréhensibles. Il se voûte inexorablement, le menton sur la poitrine.

Détails du livre

Auteur

JP Varlet

ISBN Ebook

979-10-326-0631-5

Version

Ebook Téléchargeable, Livre Papier

Format Livre

238 pages

ISBN Livre

979-10-326-0132-7

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A propos de l'auteur : JP Varlet

JP Varlet

Né au milieu du siècle dernier, près de Lille, Jean-Paul Varlet, Nordiste de souche et de cœur, a toujours vécu dans la passion de la musique et de l’écriture. Auteur-compositeur de chansons, il a produit 2 CD avec son groupe Terrain Vague. En retraite de l’enseignement depuis quelques années, il a relu avec application les pages et les pages qu’il avait remplies au gré de ses aventures de vie pour mieux les remodeler. « La lave et la boue » est son premier texte achevé. Pour lui, écrire un roman, c’est accepter de trahir la vérité des faits pour celle des mots.