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Papy, raconte-moi ta guerre ! Campagne 1914 – 1918

Ebook : 9.99 
Livre Broché : 18.90 

Cet ouvrage est le manuscrit que mon grand-père paternel m’a laissé.

Il retrace les batailles et les combats : Lingekopf, Verdun, Bois-le-Prêtre, la Somme, l’Aisne, le mont des Singes, le mont Kemmel (Belgique), Tricot-Courcelles, la marche vers le Rhin… auxquels il a participé en tant que chasseur à pied (29ème bataillon de B.C.P.) puis chasseur alpin.

Il mentionne les marches interminables de 35 à 40 kilomètres par jour.

Il relate les bons moments passés quand il est au repos avec ses « camarades », mais aussi ses actes de bravoure, son courage, ses peurs, sa faim, ses fatigues et son patriotisme lorsqu’il est en première ligne.

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Extraits du livre

Extraits du livre

(…)En avançant sous cette pluie de projectiles, on est d’abord prodigieusement étonné de n’être pas transformé en écumoire. J’avais commencé à courir, mais voyant que j’arriverais trop essoufflé en haut, je ralentis l’allure et je montai au pas sous les rafales de mitrailleuses, dont les balles me sifflaient aux oreilles, et les éclatements d’obus qui me rejetaient de la terre. À mesure que je progressais, je voyais tomber autour de moi des hommes morts ou blessés.
(…)L’état des tranchées nous prouve que ça n’a pas été de tout repos pour ceux qui nous ont précédés. Il y a des pauvres types à peu près complètement enterrés. Quelquefois seuls un bras ou une musette dépassent. Il y en a dans le parapet, mais aussi dans le fond de la tranchée, et l’odeur… À quelques mètres en avant des barbelés, il y a aussi un cadavre de cheval, au ventre gonflé. Vestiges, sans doute, d’une précédente attaque repoussée.

(…)Il faut rapporter des bouteillons de soupe et de légumes, des pains que nous enfilons sur un fil de fer et portons en sautoir, le plus de bidons possible pour le vin et l’eau si précieuse. Et l’on n’est pas sûr d’en revenir. À chaque corvée il y a des tués et des blessés et, par conséquent, des camarades qui n’auront pas de ravitaillement. Cependant il y a toujours des volontaires pour cette corvée dans le seul but de manger enfin quelque chose de chaud. Le cuisinier, qui connaît notre misère, nous sert un plein couvercle de soupe que nous dégustons avec délice. Mais il faut revenir, les copains attendent. Comme ces déplacements ne peuvent se faire que le soir, ça ne nous fait qu’un repas par jour.

Ainsi, ce jour du 7 octobre, partis le soir pour la corvée, nous sommes arrivés en ligne à 3 heures du matin, vannés et fourbus, après avoir fulminé dans ces boyaux trop étroits où notre chapelet de pains et nos bidons s’accrochaient toujours aux parois, quand ce n’était pas le bras d’un cadavre qui accrochait les courroies.

(…)Nous avons soif et (…) nous n’avons rien à boire. Dans notre gourbi suintant de pluie, nous tendons une toile de tente sous le plafond et de ce filtre improvisé nous recueillons goutte à goutte une eau plutôt jaunâtre. Nous y faisons dissoudre du chocolat, comme ça on ne voit plus la couleur de l’eau.

Mais la soif est une chose terrible à laquelle on ne peut pas résister.

(…)ma mission consiste à maintenir la liaison entre la section qui est devant et la nôtre qui suit, (…)elle est exténuante parce que la colonne s’étire et que la distance entre nos deux sections s’agrandit de plus en plus. Je suis obligé de courir devant pour voir où est la section qui nous précède, puis de revenir, toujours en courant, à ma section pour la presser d’allonger le pas afin de ne pas se perdre. (…),nous sommes obligés de faire des plats ventres quand un obus éclate à proximité. Et tous ne se relèvent pas. Je suis obligé de faire cette navette infernale pendant des heures, jusqu’à ce qu’enfin nous arrivions en ligne.

Ma section est en position de soutien, un peu en arrière de la première ligne. On ne peut pas parler de tranchée. Nous occupons des trous d’obus plus ou moins reliés entre eux par des semblants de boyaux.

Toujours est-il que je suis arrivé à ce semblant de tranchée tellement épuisé que je me suis effondré sur l’espèce de parapet.

– Tu es fou ! me dit un des gars que nous relevions. Descends vite, ça bombarde !

– Je m’en fous, j’en ai marre ! lui ai-je répondu.

Je n’avais plus la force, ni même l’envie de me protéger.

(…)Le bataillon doit donner prochainement un concert et monter une revue. Je suis désigné d’office pour être le partenaire comique (car j’ai depuis longtemps cette réputation) d’un camarade également comique mais excellent gymnaste. On verra bien…

On a un peu le trac en rentrant en scène. (…)moi je fais l’idiot (…), tombant, bousculant ma valise qui s’ouvre laissant échapper un tas de trucs invraisemblables. Et le lendemain dans les rues, les gosses qui me rencontraient de s’écrier : « C’est le clown d’hier ! ». C’est beau la renommée… (…)Il faut bien se détendre lorsqu’on est au repos.

(…)Pour atteindre ce petit poste, il nous fallait passer par un boyau où la boue liquide nous arrivait à 20 centimètres au-dessus des genoux. Nous étions gelés pour toute la journée. Là où nous prenions la garde, nous avions environ 2 ou 3 mètres à peu près au sec où nous pouvions taper du pied pour essayer de nous réchauffer. (…) Dans une précédente attaque, des hommes sont restés enlisés dans les trous d’obus.

Nous nous serrons la main en nous souhaitant bonne chance.

Et nous avançons toujours au pas.

Nos rangs s’éclaircissent, les brancardiers ont à faire. Près de moi, un gars de ma demi-section reçoit une balle en pleine tête (…). Des pauvres gars des tanks qui étaient confiants dans leurs engins, (…)je les ai vus exploser, les uns après les autres, une énorme boule de feu sortant de leurs entrailles, (…)un diable noir de poudre et de brûlure, qui s’abattait bien souvent sur le sol, à côté de son engin, quelquefois aveugle en mourant.

Nous avancions toujours essayant de rester groupés.

(…) les tanks allemands se dirigeaient vers nous.

Mais on avançait toujours.

Plus de tanks pour nous protéger.

Nous continuons à avancer calmement déployés en tirailleurs.

Les chars rescapés foncent dans les premières lignes allemandes, et leurs mitrailleuses, ainsi que les nôtres, causent à l’ennemi des pertes terribles. (…)toujours en bon ordre, nous arrivons à Courcelles que nous contournons sur la droite.

(…)Parmi les gazés, certains ne s’en sortiront pas : ces gaz ont pour effet de provoquer des brûlures terribles aux endroits où la transpiration est la plus abondante. (…) Et c’est extrêmement douloureux. Pour ceux dont les poumons sont atteints, c’est atroce.

J’en ai vu un devenir fou, se précipitant dans les escaliers en hurlant et mourir sur place. (…)D’ailleurs les docteurs n’y pouvaient rien. Ou on en meurt ou on s’en tire, et encore, combien sont morts dans les années suivantes.

(…)C’est le 5 avril que le 106ème bataillon de chasseurs est dissous. Ainsi, après 4 ans d’existence, était supprimé ce bataillon où nous avions passé tant de moments pénibles, mais aussi de bien bons moments quand nous étions de repos, et où nous avions trouvé des amitiés fraternelles avec certains de nos camarades. J’en ai retrouvé quelques-uns par la suite, mais depuis, combien sont morts…

Détails du livre

Auteur

Nicole Maurer

Version

Ebook Téléchargeable, Livre Papier

ISBN Livre

978-2-36849-491-2

ISBN Ebook

978-2-36849-490-5

Format Livre

328 pages

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A propos de l'auteur : Nicole Maurer

Nicole Maurer

Née en 1947, j’ai, durant mon enfance, passé mes vacances à Vaudagne chez papy et mamy. Il s’est instauré là une certaine complicité entre nous. Plus tard, ingénieur ESIEA, j’ai, entre autres, participé à la défense du territoire national auprès des états-majors. Mon père est un résistant de la première heure. Nous sommes tous, au fil des générations, mus par un esprit de patriotisme. Mon grand-père m’avait confié son quart, ses fourragères et son manuscrit. Pourquoi ? Est-ce moi qui comprenais le mieux ses faits de guerre ? Je ne voulais pas le décevoir dans la confiance qu’il m’avait témoignée.